Qu'est-ce qu'un neuropsychologue?

Le neuropsychologue fait un travail un peu différent du psychologue traditionnel que tout le monde a en tête. J'accueille des personnes en souffrance la plupart du temps et j'essaye à l'aide d'un bilan neuropsychologique (voir ci-dessous pour l'explication du bilan neuropsychologique) de voir et d'identifier SI il y a quelque chose ce qui "coince", de trouver " le rouage qui grippe la machine" et qui empêche le tout de fonctionner comme chez les autres. 

Parfois, il peut arriver qu'il n'y ait rien, que tout fonctionne normalement, et que le problème se situe ailleurs et demande la consultation d'un psychologue traditionnel.

En tant que neuropsychologue, je fais aussi passer les tests de QI (quotient intellectuel), que ce soit à le demande d'un autre professionnel, à la demande du parent qui se pose des questions, à la demande d'un PMS de l'école. Le test de QI se retrouve aussi dans le bilan neuropsychologique, car il permet d'écarter certaines pistes et il apporte aussi de bonnes informations sur le fonctionnement cognitif de la personne.

Par exemple, un enfant peut avoir des difficultés dans ses études pour retenir certaines choses et des problèmes en mathématiques, mais sans avoir une dyscalculie pour autant. Après avoir passer les tests, j'identifie que tous ses problèmes proviennent d'un problème de mémoire de travail, qui est la mémoire qui nous permet de retenir les informations sur un court laps de temps et de les restituer ensuite. Suite à cela, on peut mettre une rééducation de la mémoire de travail en place et améliorer la vie de cet enfant.

Qu'est-ce que le bilan neuropsychologique et le test de QI?

Le bilan neuropsychologique et le test de QI sont un ensemble de tests psychométriques validés et standardisés, que l'enfant peut percevoir comme des petits jeux ou des activités s'apparentant aux exercices scolaires. Il évalue le fonctionnement cognitif et/ou intellectuel (test de QI) et permet d'objectiver la présence de différents types d'altérations cognitives.

Par fonctions cognitives, on entend les fonctions de base telles que l’attention, la mémoire, l'intelligence (QIT), les fonctions exécutives (inhibition, flexibilité, planification,...), les capacités langagières, les capacités visuo-spatiales, les praxies (les gestes), mais aussi le calcul, la lecture, l'écriture.

Chez l’enfant et l’adolescent, lorsque des difficultés cognitives se présentent, cela provoque souvent des problèmes dans le domaine scolaire. Ces problèmes peuvent  se manifester par des difficultés de concentration, de l’impulsivité,des problèmes de perception, d’organisation ou dans les habiletés gestuelles (par exemple : des difficultés en écriture ou en dessin) et spatiales, des difficultés en lecture, en mathématiques... Toutes ces difficultés ne sont que des symptômes et il faut trouver l'orgine du problème pour pouvoir aider l'enfant à les gérer.

C'est ce que permet de faire le bilan neuropsychologique, en identifiant l’origine des difficultés rencontrées dans la vie quotidienne et scolaire et en mettant en évidence les fonctions "altérées", mais aussi les fonctions préservées de l'enfant. Ainsi on peut poser un diagnostic et/ou mettre en place une éventuelle rééducation.

Le fait de mettre en évidence les fonctions préservées chez l'enfant (autrement dit ses points forts) ainsi que de mettre le doigt sur ce qui lui pose problème, permet à l'enfant entre autre de reprendre confiance en lui et de se remotiver. Cela lui permet ainsi de voir qu'il est capable de réaliser certaines activités même s'il a des difficultés dans d'autres.

 

Ces difficultés cognitives peuvent s’inscrire dans différents contextes :

- trouble des apprentissages (échec scolaire, difficultés attentionnelles, difficultés praxiques/visuo-spatiales,…)

- trouble comportemental (agitation, opposition, impulsivité, …) 

- trouble de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDA(H))

- suspicion de précocité intellectuelle (HP) ou de retard mental

- trouble neurologique.

 

Voici quelques raisons de demander un bilan neuropsychologique ou un test de QI : 

- Les difficultés deviennent de plus en plus ingérables à l’école et à la maison

- Les résultats de l'enfant ne correspondent pas au travail qu'il a fourni et par la force des choses, il se démotive de plus en plus.

- Il y a un risque de décrochage scolaire

- On suspecte une précocité intellectuelle chez l'enfant et on se pose la question d'un éventuel saut de classe.



Exemple de cas :


1) Un enfant rêveur, qui doit constamment être rappelé à l’ordre en classe, pourrait aussi bien présenter des difficultés à rester concentré longtemps (problèmes d’attention soutenue) que des difficultés à contrôler ses comportements (problèmes d’inhibition). Par ailleurs, des défauts de mémorisation ou de compréhension des consignes pourraient aussi relever de déficiences attentionnelles.

2) Un enfant ou un adolescent a des difficultés plus ou moins importantes à l’école, mais sans cause évidente. Le neuropédiatre ne décèle rien de particulier. Dans ce cas, il est intéressant de réaliser un bilan afin de s’assurer du bon fonctionnement de l’ensemble des fonctions d’apprentissage et d’éliminer la possibilité d’un trouble cognitif isolé existant sans atteinte cérébrale objectivée.